L'héritage invisible du TDAH
- godindelphine
- 26 mars 2025
- 1 min de lecture
Petite, je regardais ma famille avec des yeux perplexes. Quelque chose clochait. Trop de bruit, trop de tensions, trop de disputes. Trop de trop. Ce n’était pas comme dans les autres familles. J’ai grandi avec cette sensation d’anormalité, persuadée que nos blessures venaient d’un manque, d’erreurs parentales, d’un poids du passé qui nous étouffait.
J’ai porté ce fardeau longtemps, cherchant à m’en libérer. J’ai vu des psys, creusé dans les racines familiales, traqué les non-dits, les secrets de famille. J’ai voulu faire autrement, différemment, mieux. J’ai attendu pour avoir des enfants, le plus tard possible, pensant que le temps et la conscience me protégeraient du schéma familial.
Puis le TDAH a frappé à ma porte, avec le diagnostic d’Alexandre. Comme une vague qui emporte les certitudes, il m’a obligée à tout revoir. Ce que j’avais pris pour des dysfonctionnements familiaux, des blessures d’enfance, des séquelles d’éducation, ce n’était pas que ça. C’était aussi le TDAH.
J’ai compris que mes parents n’avaient pas forcément failli, qu’ils avaient simplement été face à quelque chose qu’ils ne comprenaient pas. Comme moi aujourd’hui. Et j’ai vu, avec un mélange de vertige et de soulagement, que malgré tous mes efforts, je reproduisais certaines scènes, certaines impasses. Parce que ce n’est pas une question de volonté. C’est une question de câblage.
Ce n’est pas un trauma, c’est un trouble. Ce n’est pas une faute, c’est un héritage invisible.



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