Ce n’est pas bien grave
- godindelphine
- 6 oct.
- 2 min de lecture
Un dîner qui finit à minuit, “allez, pour une fois, ça ne va pas les tuer.”
Une soirée qu’on décline, “oh, tu pourrais faire un effort quand même.”
Un enfant qui ne veut pas dormir ailleurs, “mais il faut le forcer un peu »"
Ces phrases, dites avec légèreté, me rentrent dans la peau comme des aiguilles. Pas parce qu’elles sont méchantes, mais parce qu’elles viennent d’un monde qui ne comprend pas. Un monde où on peut “forcer un peu”, où “ça passera”, où “il faut juste s’y mettre”.
Sauf que dans le mien, non, ça ne passe pas.
Parce que dans le mien, une nuit trop courte, un imprévu, un excès de stimulation, ça peut faire exploser un équilibre si fragilement reconstruit.
Parce que dans le mien, une soirée tardive, c’est parfois une semaine de sommeil détruite, des crises d’angoisse qui reviennent, des matins où il faut racler le fond de l’énergie pour se lever.
Le plus dur, c’est quand ces phrases viennent de l’entourage. De ceux qu’on croyait à l’abri du jugement, de ceux qui “savent”. Parce que là, la phrase ne pique plus, elle blesse.
Alors oui, je dis non aux soirées du samedi soir.
Non pas parce que je suis rabat-joie. Mais parce que j’ai appris à reconnaître la ligne fine entre “un peu de flexibilité” et “la goutte d’eau qui fait déborder tout le système.”
A ceux qui pensent que je devrais “lâcher un peu”, je réponds :
Lâcher, je le fais déjà. Tous les jours. Je lâche mes envies, mes soirées, mes week-ends tranquilles, mes dîners improvisés. Je lâche ma liberté pour préserver leur sécurité intérieure.
Alors pitié, si vous ne comprenez pas, taisez-vous.
Parce que si vous saviez ne serait-ce qu’un dixième de ce que c’est, vous sauriez qu’ici, même “une fois”, c’est parfois déjà trop.




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